Éclairage de secours : quels blocs poser, où et avec quelle maintenance

L'éclairage de secours, appelé éclairage de sécurité dans les textes, prend le relais de l'éclairage normal dès la coupure, pour que chacun voie les issues. Le code du travail et le règlement des établissements recevant du public l'imposent au-delà de certains effectifs, sous deux formes : évacuation et ambiance.

En résumé

  • L'éclairage d'évacuation devient obligatoire dès cinquante personnes dans un local, l'éclairage d'ambiance à partir de cent personnes en étage et de cinquante en sous-sol.
  • Les blocs d'évacuation se posent à deux mètres vingt-cinq au moins du sol, espacés de quinze mètres au plus, à chaque issue et à chaque rupture de niveau.
  • La maintenance attendue tient en deux essais, le passage en fonctionnement chaque mois et l'autonomie d'une heure tous les six mois, consignés au registre de sécurité.

Éclairage de secours et éclairage de sécurité : deux mots pour un seul dispositif

Dans les textes, l'expression officielle est éclairage de sécurité. L'éclairage de secours est le nom que tout le monde emploie sur le terrain, et les deux désignent une installation identique : un ensemble de foyers lumineux alimentés par une source indépendante du réseau, qui s'allument automatiquement quand la source normale disparaît et qui assurent l'éclairement le temps de sortir. La distinction utile n'est donc pas entre secours et sécurité, elle est entre les deux fonctions que cette installation remplit.

La première fonction est de montrer le chemin : rendre visibles les issues, les portes et les ruptures de niveau, pour qu'une personne qui ne connaît pas les lieux trouve la sortie dans le noir. C'est l'éclairage d'évacuation. La seconde est d'éviter la panique en maintenant un fond de lumière suffisant dans les grands volumes, pour que les gens continuent de se voir et de voir le sol au lieu de se bousculer. C'est l'éclairage d'ambiance, que les textes appellent aussi éclairage d'anti-panique.

Une troisième notion revient souvent dans les discussions et n'a rien à voir : l'alimentation de remplacement. Un groupe électrogène qui reprend toute l'installation d'un bâtiment n'est pas un éclairage de sécurité au sens de la réglementation. Il peut en être le complément, il ne le remplace pas, parce que l'éclairage de sécurité doit fonctionner y compris quand la source de remplacement est elle aussi en défaut. Cette confusion est fréquente et coûte cher lors d'une visite, puisqu'elle conduit à installer un système coûteux qui ne répond pas à l'exigence.

Le matériel utilisé varie peu : des blocs autonomes d'éclairage de sécurité, les BAES, c'est-à-dire des luminaires équipés de leur propre accumulateur, qui se chargent en permanence sur le réseau et basculent seuls en cas de coupure. Notre rayon protection incendie regroupe ces blocs avec les autres équipements de mise en sécurité des personnes, détection et alarme comprises.

Ce qui se passe vraiment pendant une coupure de courant

L'importance de l'éclairage de sécurité se comprend mal tant qu'on n'a pas vu un bâtiment sans lumière. Dans un local pourvu de fenêtres, une panne de courant laisse un reste de jour et l'on se dirige à peu près. Dans une réserve, un parc de stationnement, une salle de projection ou un sous-sol, il n'y a rien : l'obscurité est totale, et elle l'est instantanément. L'adaptation de l'oeil à l'obscurité demande plusieurs minutes, bien plus longtemps que ce qu'une évacuation peut attendre, et elle ne sert de toute façon à rien s'il n'existe aucune source résiduelle à laquelle s'adapter.

À cette obscurité s'ajoute un comportement bien connu de ceux qui organisent les évacuations : en situation de stress, les personnes repartent spontanément par où elles sont entrées, et non par la sortie la plus proche. C'est directement ce que le balisage corrige. Un pictogramme visible depuis le point où l'on se trouve donne une indication que le réflexe ne donne pas, et il permet de répartir un flux sur plusieurs issues au lieu de le concentrer sur une seule porte. Quand un signal d'alarme retentit en même temps, c'est cette information visuelle qui transforme un mouvement d'attente en évacuation ordonnée.

La fumée aggrave encore les choses, et pas seulement parce qu'elle est toxique : elle absorbe la lumière. Un foyer lumineux parfaitement visible dans un couloir dégagé peut devenir illisible à quelques mètres dès que la fumée descend. C'est la raison technique de la distance maximale imposée entre deux appareils, et c'est aussi pourquoi le balisage se pose en hauteur plutôt qu'au niveau des yeux, la couche de fumée s'accumulant d'abord sous le plafond avant de descendre.

Le risque, en l'absence d'un éclairage de sécurité conforme, n'est donc pas seulement administratif. Une évacuation dans le noir est plus lente, elle produit des chutes dans les escaliers, et elle conduit les gens vers une issue déjà saturée. C'est essentiel pour assurer que le temps d'évacuation calculé lors de la conception du bâtiment reste celui qu'on observera le jour où il faudra sortir.

Qui est concerné : trois réglementations, trois logiques

L'obligation ne vient pas d'un texte unique. Trois corps de règles se superposent, et un bâtiment peut relever de deux d'entre eux en même temps : un magasin surmonté de bureaux est à la fois un établissement recevant du public et un lieu de travail. Dans ce cas, on applique la règle la plus exigeante des deux.

Sur un lieu de travail

Le code du travail traite l'éclairage de sécurité dans la partie consacrée aux dégagements, à l'article R.4227-13 et à l'article R.4227-14, et l'arrêté du 26 février 2003 relatif aux circuits et installations de sécurité en fixe les caractéristiques. L'éclairage d'évacuation y est exigé dans tout local pouvant recevoir cinquante personnes et plus, ainsi que dans tout local dont la superficie dépasse trois cents mètres carrés en étage et au rez-de-chaussée, ou cent en sous-sol. Le seuil de surface est celui que l'on oublie le plus souvent : un atelier de quatre cents mètres carrés occupé par six personnes reste concerné.

L'éclairage d'ambiance, lui, est exigé dans tout local ou hall dans lequel l'effectif atteint cent personnes, ce seuil tombant à cinquante en sous-sol. Un employeur doit également assurer le bon état de fonctionnement de l'installation, qui doit être vérifiée périodiquement pour que les travailleurs gagnent les dégagements en toute circonstance. La maintenance décrite plus loin est donc obligatoire autant que la pose.

Dans un établissement recevant du public

Le règlement de sécurité contre l'incendie, issu de l'arrêté du 25 juin 1980, consacre une section entière à l'éclairage de sécurité, de l'article EC 1 à l'article EC 15. La règle de base y est plus large que dans le code du travail : tout établissement recevant du public doit en être équipé, quelle que soit sa taille, avec une exigence modulée par le type d'activité et la catégorie. Un commerce de quartier relevant de la cinquième catégorie, traité à part par l'article PE 24, n'a pas les mêmes obligations qu'un centre commercial, mais il n'en est pas dispensé pour autant dès lors qu'il comporte des locaux accessibles au public sans éclairage naturel suffisant, une réserve ou un sanitaire sans fenêtre devenant un piège dès que l'éclairage normal tombe.

Comme sur les lieux de travail, l'éclairage d'ambiance devient obligatoire dans les locaux où l'effectif du public atteint cent personnes hors sous-sol, ou cinquante personnes en sous-sol. Le point qui distingue vraiment les ERP est ailleurs : ils sont soumis à des visites de la commission de sécurité, et l'installation doit pouvoir être présentée, expliquée et justifiée par des documents.

Dans les bâtiments d'habitation

L'habitation relève d'un arrêté propre, celui du 31 janvier 1986. L'exigence porte sur les circulations communes des immeubles les plus hauts et se traduit par un matériel différent, le bloc autonome d'éclairage d'habitation, ou BAEH. Cet équipement suit une logique inverse de celle des autres blocs : un BAEH éclaire moins, mais beaucoup plus longtemps, parce qu'un immeuble d'habitation se vide plus lentement qu'une salle de spectacle et que les secours peuvent y intervenir longtemps.

Évacuation ou ambiance : deux fonctions, deux matériels

C'est le choix qui structure tout l'éclairage de sécurité, et il ne se fait pas au jugé. Chaque famille de blocs a sa norme produit, son flux lumineux minimal et sa durée de fonctionnement. Poser des blocs d'évacuation dans un hall qui réclame l'autre fonction revient à ne rien poser du tout au regard du texte.

L'éclairage d'évacuation

Il assure le balisage du cheminement vers la sortie. Ses BAES d'évacuation répondent à la norme NF C 71-800 et doivent délivrer au minimum quarante-cinq lumens pendant une heure. Quarante-cinq lumens, c'est peu : l'objectif n'est pas d'éclairer la pièce mais d'être vu de loin, ce qui explique les règles de pose et l'espacement imposés. Ces blocs portent presque toujours une étiquette de signalisation, le pictogramme normalisé du personnage qui court vers une porte, qui doit être lisible et ne pas être masqué par une décoration ou un rayonnage. Un bloc d'évacuation de quarante-cinq lumens correspond exactement à ce minimum réglementaire.

L'éclairage d'ambiance, dit aussi anti-panique

Il traite le volume et non le chemin. Ses BAES d'ambiance relèvent de la norme NF C 71-801, et l'exigence ne s'exprime pas en lumens par appareil mais par unité de surface : cinq lumens par mètre carré de local, pendant une durée minimale identique à celle de l'évacuation. Le calcul est simple et vaut la peine d'être fait avant d'acheter. Un hall de deux cents mètres carrés réclame mille lumens répartis dans le volume ; avec des blocs d'ambiance de quatre cents lumens, il en faut trois. Le texte impose aussi une répartition qui évite les zones d'ombre, ce qui interdit de concentrer tout le flux lumineux d'un côté de la salle pour satisfaire le total.

FonctionNorme du blocFlux lumineuxAutonomieSeuil qui déclenche l'obligation
ÉvacuationNF C 71-80045 lumens par bloc1 heure50 personnes, ou 300 m² en étage, ou 100 m² en sous-sol
Ambiance ou anti-paniqueNF C 71-8015 lumens par mètre carré1 heure100 personnes, 50 en sous-sol
HabitationNF C 71-8058 lumens par bloc5 heuresCirculations communes des immeubles concernés

Lumens émis ou lux reçus : deux façons de mesurer, et elles ne disent pas la même chose

C'est le point le plus mal compris de tout le sujet, et il explique pourquoi une installation parfaitement conforme peut rester désagréable à l'usage. La réglementation française raisonne en lumens émis par l'appareil : quarante-cinq lumens pour un BAES d'évacuation, cinq lumens par mètre carré pour l'ambiance. C'est une exigence portant sur le matériel, facile à vérifier sur une fiche technique. La norme européenne NF EN 1838, qui traite de l'éclairage de secours, raisonne au contraire en lux reçus au sol, c'est-à-dire en éclairement réellement obtenu sur le chemin à parcourir.

Les ordres de grandeur de cette norme sont d'un lux sur l'axe du cheminement d'évacuation et d'un demi-lux sur la surface dégagée en anti-panique. Un local dont les BAES respectent les lumens réglementaires peut donc être en dessous de ces valeurs si les appareils sont trop espacés, posés trop haut sous un plafond sombre, ou masqués par une poutre. L'inverse existe aussi : un cheminement court et clair atteint l'éclairement attendu avec le minimum réglementaire. Personne n'est tenu d'appliquer la norme européenne lorsque le règlement national suffit, mais s'y référer donne la seule mesure qui compte pour la personne qui doit sortir, celle de la lumière au sol.

Un ordre de grandeur aide à saisir ce que ces valeurs représentent. Un couloir correctement éclairé en fonctionnement normal se situe autour de cent lux, un poste de travail de bureau entre trois cents et cinq cents. L'éclairage de sécurité, lui, vise un lux : il n'est pas fait pour travailler ni pour lire, seulement pour voir où poser le pied et repérer le balisage. C'est pourquoi un local paraît toujours sombre lors d'un essai, et pourquoi cette impression n'est pas le signe d'une installation défaillante.

Une famille d'appareils mérite d'être connue au passage : les blocs qui combinent l'éclairage de sécurité et l'alarme sonore d'évacuation, dits BAES/BAAS. Sur un petit établissement équipé d'une alarme de type 4, ils permettent au même appareil de baliser l'issue et de diffuser le signal d'évacuation, ce qui limite le nombre de points de raccordement. Ils ne dispensent d'aucune des obligations décrites ici, et leur partie éclairage reste soumise aux mêmes normes et aux mêmes essais.

Où poser les blocs, et à quelle hauteur

Les règles d'implantation de l'éclairage d'évacuation tiennent en trois nombres et une liste de points. Les foyers lumineux se placent à deux mètres vingt-cinq au minimum au-dessus du sol, hauteur qui les met hors de portée des mains et surtout au-dessus de la fumée basse et des têtes en cas de mouvement de foule. Ils sont espacés de quinze mètres au plus le long d'un cheminement, ce qui donne au moins quatre appareils dans un couloir de soixante mètres, sans compter ceux qui marquent les points singuliers.

Ces points singuliers sont ceux où une personne peut hésiter, et ils doivent tous être équipés :

  • chaque sortie et chaque issue de secours, de part et d'autre quand elles donnent sur un extérieur non éclairé ;
  • chaque changement de direction du cheminement, un angle de couloir en particulier ;
  • chaque changement de niveau, donc toute volée d'escalier desservant deux niveaux, en haut comme en bas ;
  • tout obstacle qui se trouve sur le parcours et que l'on peut heurter dans l'obscurité ;
  • les locaux techniques et les locaux à risque particulier, ainsi que les issues qui y mènent.

Un détail passe souvent inaperçu et se voit immédiatement lors d'un contrôle : un bloc posé au bon endroit mais dont l'étiquette de signalisation regarde dans le mauvais sens ne remplit pas sa fonction. Le pictogramme doit indiquer la direction à suivre, et non simplement signaler qu'un appareil est présent. Sur un obstacle bas, un poteau ou un ressaut de sol, la règle de hauteur se discute avec le vérificateur : ce que le texte demande est que le danger soit vu, et un appareil placé si haut au-dessus d'une marche l'éclaire mal.

Blocs autonomes ou source centralisée

Deux façons d'alimenter l'éclairage de sécurité coexistent, et le choix se fait sur la taille du bâtiment plutôt que sur le prix d'un appareil isolé.

Le BAES porte son accumulateur. Chaque appareil est indépendant, se raccorde sur le circuit d'éclairage normal du local qu'il dessert et se débrouille seul quand ce circuit tombe. C'est la formule de loin la plus répandue, parce qu'elle ne demande aucun câblage particulier au-delà d'une dérivation prise en aval de la protection du circuit d'éclairage. Ce point de raccordement n'est pas anodin : en le prenant sur le même dispositif de protection, on garantit que la disparition de l'éclairage normal d'un local déclenche bien les blocs de ce local, y compris quand la coupure vient d'un seul disjoncteur différentiel et non d'une panne générale.

La source centralisée, ou alimentation centralisée, regroupe les accumulateurs dans un local technique et alimente des luminaires classiques par un réseau dédié. Elle devient intéressante sur les grands bâtiments, où la maintenance de centaines de batteries dispersées coûte plus cher que celle d'une seule armoire, et elle est parfois imposée par le type d'établissement. En contrepartie, la source centralisée exige un local conforme, des câbles résistant au feu et une étude que le bloc autonome n'impose pas, et son autonomie se vérifie sur une seule batterie dont la défaillance prive tout le bâtiment. Dans les deux cas, l'installation reste soumise aux règles générales de la norme NF C 15-100 pour tout ce qui touche à la protection des circuits, un sujet traité en détail sur notre page consacrée au tableau électrique.

SATI et télécommande : les deux dispositifs que le vérificateur regarde

Deux équipements ne servent pas à éclairer et sont pourtant au centre de la conformité d'un éclairage de sécurité.

La télécommande de mise au repos répond à un problème concret. Quand on coupe volontairement l'éclairage normal d'un bâtiment, le soir en fermant ou pendant des travaux de maintenance, tous les blocs croient à une panne de courant et s'allument. Ils se vident en une heure, restent déchargés longtemps ensuite, et l'installation n'est plus opérationnelle au moment de la réouverture. La télécommande envoie un ordre de mise au repos qui les éteint proprement, et la remise automatique en position de veille est assurée au retour de l'alimentation normale. Ce dispositif doit être installé selon les textes, et son absence est l'un des motifs de réserve les plus courants. Une télécommande universelle pilote généralement plusieurs centaines de blocs sur une même ligne.

Le SATI, pour système automatique de test intégré, est décrit par la norme NF C 71-820. Un BAES de ce type effectue lui-même ses essais, à intervalle régulier, et signale son état par un voyant : à l'état allumé fixe quand tout va bien, clignotant ou éteint quand la lampe ou l'accumulateur est en défaut. Le règlement de sécurité impose ce dispositif dans les ERP. L'intérêt pratique dépasse la conformité : sur une installation de cinquante blocs, faire le tour des voyants prend quelques minutes là où l'essai manuel de chaque appareil prend une demi-journée. Les blocs d'ambiance à test automatique combinent les deux fonctions.

Attention à une confusion fréquente : le SATI teste, il ne répare pas et il ne consigne rien. Un voyant rouge signale un défaut, encore faut-il que quelqu'un passe le lire et que l'intervention soit écrite quelque part. Le système automatique allège la vérification, il ne supprime pas l'obligation de maintenance.

La maintenance : ce que l'on vérifie, et à quel rythme

C'est le volet le plus souvent négligé, et celui qui se contrôle le plus facilement puisqu'il laisse une trace écrite. Dans les ERP, le règlement de sécurité fixe deux essais périodiques à la charge de l'exploitant.

Une fois par mois, on vérifie le passage des BAES en position de fonctionnement en cas de coupure de l'alimentation normale, ainsi que l'efficacité de la commande de mise au repos et la remise automatique en position de veille au retour de l'alimentation normale. Concrètement, on coupe l'alimentation normale, on regarde que tout s'allume, on la rétablit, on actionne la télécommande et on contrôle que les blocs retrouvent leur état de veille. C'est l'essai qui assure que le basculement se fait bien local par local.

Une fois tous les six mois, on vérifie l'autonomie : les blocs doivent être capables de tenir au moins une heure sur leur accumulateur. C'est l'essai qui révèle les batteries fatiguées, parce qu'un appareil dont la batterie est en fin de vie s'allume parfaitement au premier essai mensuel et s'éteint au bout de dix minutes.

Ces opérations se consignent dans le registre de sécurité, document obligatoire dans les ERP et prévu par l'article R.143-44 du code de la construction et de l'habitation. On y note la date, la nature de l'essai, les anomalies constatées et les suites données. Un registre tenu à jour est la première chose demandée lors d'une visite ; un registre vide fait planer un doute sur l'ensemble de l'installation, y compris quand celle-ci fonctionne. Sur les lieux de travail, la logique est identique pour l'employeur : l'éclairage de sécurité entre dans le champ des vérifications périodiques des installations électriques, et l'employeur doit pouvoir justifier de son entretien.

Le remplacement des batteries n'a pas de périodicité réglementaire, il se déclenche sur le résultat de l'essai d'autonomie. En pratique, l'accumulateur d'un BAES tient de l'ordre de quatre à cinq ans, moins dans un local chaud, la chaleur étant le premier facteur de vieillissement. Un parc qui a été installé la même année vieillit ensemble : anticiper le remplacement par lots coûte moins cher qu'une série de dépannages étalés sur six mois.

Mise en service, information du personnel et documents à conserver

Une installation conforme le jour de sa pose ne le reste pas toute seule. La mise en service constitue le moment où l'on vérifie que chaque bloc s'allume bien sur la coupure du circuit qu'il dessert, et non sur une coupure générale : c'est la seule manière de s'assurer que la dérivation a été prise au bon endroit. Cette vérification initiale se double d'un relevé, plan à l'appui, de la position de chaque appareil, de son type et de sa date de mise en service. Sans ce document, personne ne sait plus, trois ans plus tard, quels accumulateurs arrivent en fin de vie.

L'information du personnel est l'autre partie du travail, et celle que l'on oublie le plus. Un éclairage de sécurité guide vers les issues, il ne dit pas quoi faire, et aucun automatisme n'assure ce rôle : ce sont les personnes désignées, les guides-files et les serre-files, qui conduisent l'évacuation. Elles doivent connaître les cheminements balisés, savoir où se trouve la commande de mise au repos et être capables de repérer un bloc en défaillance. Dans un établissement qui reçoit du public, le personnel d'accueil est le premier concerné, puisqu'il est le seul à savoir combien de personnes se trouvent dans les locaux à un moment donné.

Trois documents suffisent à couvrir les conditions habituelles d'un contrôle. Le premier est le plan de l'installation, qui limite les recherches quand un appareil est en défaut. Le deuxième réunit les notices d'utilisation et les certificats de conformité des blocs utilisés, qui prouvent la norme applicable sans discussion. Le troisième est le registre où sont consignés les essais, à condition qu'il soit tenu à jour à chaque intervention. Ces trois pièces sont nécessaires pour démontrer, en cas de défaillance constatée, que l'exploitant a fait ce qui lui incombait, et elles suivent les conditions d'exploitation réelles du bâtiment plutôt que celles du permis de construire. Un service de maintenance externe fournit en général les deux derniers, encore faut-il les réclamer et les archiver.

Choisir ses blocs : les critères qui comptent vraiment

Une fois la fonction déterminée, quelques caractéristiques de l'éclairage de sécurité suffisent à faire le tri.

La conformité aux normes arrive avant tout le reste. Un bloc doit être conforme à la norme correspondant à sa fonction, et la marque NF applicable aux appareils d'éclairage de sécurité en apporte la preuve la plus simple à présenter. Un matériel sans référence normative claire est un matériel qui devra être justifié, et personne n'a envie de le faire devant une commission.

Le flux lumineux se lit en gardant en tête la fonction : quarante-cinq lumens suffisent en évacuation, mais un bloc d'ambiance se dimensionne par le calcul de surface vu plus haut. Il existe des modèles à flux plus élevé pour les plafonds hauts, où un appareil standard perd en visibilité.

Le degré de protection conditionne l'endroit où l'appareil peut être installé. Un parc de stationnement sans fenêtre, un quai de livraison, une zone de lavage ou un local humide demandent un indice adapté à ces conditions, et un bloc d'intérieur posé dans un tel espace tombe en panne bien avant la fin de sa vie théorique. La question se pose aussi en extérieur sous auvent, où l'humidité fait plus de dégâts que la pluie directe.

La technologie de la lampe a changé le calcul. Les modèles à diodes consomment nettement moins en veille qu'une lampe à incandescence, ce qui compte sur un parc qui reste alimenté en permanence toute l'année, et leur durée de vie dépasse largement celle de l'accumulateur. Sur une installation de taille moyenne, l'économie sur la consommation de veille se mesure en dizaines d'euros par an et par dizaine de blocs.

La compatibilité avec l'existant ferme la liste. Sur un bâtiment déjà équipé, un bloc de remplacement doit accepter le même mode de télécommande que ses voisins, faute de quoi il restera allumé pendant que les autres se mettent au repos. C'est le genre de détail qui ne se voit qu'au premier essai mensuel suivant.

Les défauts que l'on retrouve le plus souvent

Sur des éclairages de sécurité pourtant complets, les mêmes écarts reviennent d'un bâtiment à l'autre.

  • Le bloc masqué. Un rayonnage rehaussé, une cloison ajoutée, une enseigne suspendue, et le BAES n'est plus visible depuis le point d'où il devrait l'être. L'installation n'a pas bougé, c'est le local qui a changé autour d'elle.
  • Le circuit mal repris. Un BAES raccordé en amont de la protection du circuit d'éclairage du local ne s'allumera pas quand ce circuit sera coupé, alors qu'il s'allume parfaitement lors d'une coupure générale. Le défaut ne peut pas être vu par l'essai le plus courant.
  • L'aménagement postérieur. Un cloisonnement crée un nouveau cheminement, donc de nouveaux angles à signaler, sans que les blocs suivent. C'est la cause la plus fréquente de non-conformité sur des locaux anciens régulièrement réaménagés.
  • Le registre non tenu. Les essais sont faits, personne ne les écrit. Du point de vue du contrôle, une opération non consignée constitue une opération non faite.
  • Le seuil d'anti-panique oublié. Un local franchit le seuil des cent personnes après un changement d'usage ou une nouvelle disposition, et seul l'éclairage d'évacuation reste en place. L'effectif se recalcule à chaque modification, il ne peut pas être tenu pour acquis une fois pour toutes.

Questions fréquentes sur l'éclairage de sécurité

L'éclairage de secours est-il obligatoire dans tous les bâtiments ?
Non. L'obligation dépend du texte applicable et de l'effectif. Sur un lieu de travail, elle démarre à cinquante personnes dans un local, ou dès trois cents mètres carrés de surface, seuil ramené à cent en sous-sol. Tout établissement recevant du public est concerné, avec des exigences modulées selon son type et sa catégorie. Une maison individuelle ne l'est pas.
Quelle est la différence entre un bloc d'évacuation et un bloc d'ambiance ?
Le BAES d'évacuation balise le chemin vers la sortie avec quarante-cinq lumens au minimum et porte le pictogramme de signalisation. Le BAES d'ambiance éclaire le volume pour éviter la panique, à raison de cinq lumens par mètre carré de local. Les deux tiennent soixante minutes et relèvent de deux normes différentes.
À quelle hauteur installer un bloc d'éclairage de sécurité ?
Les foyers lumineux de l'éclairage d'évacuation se placent à deux mètres vingt-cinq au minimum au-dessus du sol, et l'espacement entre deux appareils ne dépasse pas quinze mètres le long d'un cheminement.
Quelle autonomie doit avoir un éclairage de secours ?
Une heure au minimum pour l'évacuation comme pour l'ambiance. Les blocs d'habitation font exception avec cinq heures, parce qu'un immeuble se vide plus lentement et que les secours y interviennent plus longtemps.
Quels essais faut-il faire, et à quelle fréquence ?
Chaque mois, le passage en fonctionnement sur coupure de l'alimentation normale et le bon retour en position de veille après une mise au repos. Tous les six mois, l'autonomie d'au moins une heure. Les deux se consignent dans le registre de sécurité.
Un bloc SATI dispense-t-il de la maintenance ?
Non. Le système automatique de test intégré réalise les essais et signale les défauts par un voyant, ce qui rend la vérification beaucoup plus rapide. Il faut toujours passer lire les voyants, remplacer ce qui est en défaut et consigner les opérations.
Que risque-t-on sans éclairage de sécurité conforme ?
Dans un établissement recevant du public, la commission de sécurité peut émettre un avis défavorable, ce qui ouvre la voie à une fermeture administrative. Sur un lieu de travail, l'inspection du travail peut exiger une mise en conformité. Au-delà de la sanction, le risque réel est une évacuation qui se passe mal dans le noir.

Les seuils et les périodicités cités ici sont ceux des textes en vigueur à la date de rédaction. La réglementation de l'éclairage de sécurité étant répartie entre plusieurs arrêtés et régulièrement complétée, le texte applicable à un bâtiment donné se vérifie sur Légifrance ou auprès du bureau de contrôle qui suit l'établissement. Cette page est éditée par un distributeur de matériel électrique et n'a aucune valeur officielle.

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