Hygro A ou hygro B : ce que change la modulation des entrées d'air

Une VMC hygroréglable de type A module ses bouches d'extraction selon le taux d'humidité de la pièce, alors qu'une hygro B module en plus ses entrées d'air. Cette seule différence change le débit réel du système, les déperditions de chaleur en hiver et le prix de l'installation.

L'essentiel avant de choisir

  • Le type A ne régule qu'à la sortie : sa bouche d'extraction s'ouvre avec l'humidité de la pièce, tandis que les grilles des chambres délivrent un débit constant, dit autoréglable.
  • En hygro B, les entrées d'air modulent elles aussi, ce qui limite l'air froid qui pénètre dans une pièce inoccupée et réduit les déperditions.
  • Un caisson ne fait pas un type : c'est l'ensemble caisson, bouches et entrées d'air qui définit le système, et l'Avis Technique porte sur cette combinaison précise.
  • Les deux restent des systèmes simple flux : une VMC double flux relève d'une autre technique, et c'est le calcul thermique du projet qui tranche selon les besoins réels du logement.

Ce qui sépare le type A du type B

Les deux appartiennent à la même famille, celle de la ventilation mécanique contrôlée simple flux. Le principe est identique : un caisson placé en combles ou en gaine technique met le logement en dépression, l'air vicié est extrait des pièces de service (cuisine, salle de bains, WC) et l'air neuf entre par les pièces principales, à travers des grilles posées dans les menuiseries ou juste au-dessus.

Ce qui change tient à un seul point : le nombre d'organes qui réagissent à l'humidité.

En type A, l'élément hygroréglable est la bouche d'extraction. Sa section d'ouverture varie avec le taux d'humidité relative de la pièce où elle se trouve. Une douche fait grimper l'hygrométrie de la salle de bains, la bouche s'ouvre, le débit monte ; l'humidité retombe, la bouche se referme. Les entrées d'air, elles, sont autoréglables : elles délivrent un débit à peu près constant quelle que soit la dépression, sur une large plage de pression.

En type B, les entrées d'air sont hygroréglables à leur tour. Une chambre inoccupée, dont l'air reste sec, voit son entrée d'air se refermer partiellement. Une chambre où dorment deux personnes voit la sienne s'ouvrir. La régulation ne porte donc plus seulement sur la sortie de l'air, mais aussi sur son entrée : c'est autant d'air extérieur froid qu'il n'y a pas à réchauffer, donc une part du chauffage économisée pendant toute la saison de froid.

Pourquoi moduler plutôt que ventiler à débit fixe

Un logement doit évacuer ce que ses occupants et ses matériaux y rejettent : la vapeur d'eau d'abord, qui vient de la respiration, de la cuisson, des douches et du séchage du linge, mais aussi les composés émis par les peintures, les colles et les panneaux de bois. Sans renouvellement, l'humidité se condense sur les points froids, les moisissures s'installent derrière les meubles et dans les angles, et l'air intérieur cesse d'être sain.

Ventiler à débit fixe traite ce problème, mais grossièrement. Le débit doit alors être calculé pour le pire cas, c'est-à-dire un logement plein et une salle de bains qui vient de servir, et il continue de tourner à ce régime quand personne n'est là. En hiver, chaque mètre cube extrait est remplacé par un mètre cube froid qu'il faut réchauffer : la perte est réelle et permanente.

La modulation répond à cette contradiction. Elle nécessite de mesurer quelque chose, et l'humidité relative est un excellent témoin : elle monte avec la présence humaine et avec les usages qui produisent de la vapeur. Réguler dessus revient donc à ventiler beaucoup quand c'est utile et peu quand cela ne l'est pas, sans capteur ni programmation. C'est le principe commun aux deux catégories, et le type B ne fait que l'appliquer à un organe de plus.

Comment une bouche hygroréglable module le débit

Le mécanisme est purement mécanique, sans électronique ni alimentation. Une tresse de polyamide, sensible à la vapeur d'eau, s'allonge quand l'air est humide et se rétracte quand il sèche. Ce mouvement de quelques millimètres déplace un volet qui découvre ou masque une partie de la section de passage. Il n'y a ni capteur ni pile à remplacer, et c'est ce qui explique la longévité de ces organes.

La conséquence est importante pour comprendre la suite : la bouche ne crée pas le débit, elle le limite. Le caisson fournit la dépression, la bouche décide de la quantité d'air qui passe. Deux bouches différentes montées sur le même caisson donnent deux installations différentes.

Les entrées d'air fonctionnent sur la même logique en type B. En type A, l'entrée autoréglable utilise un autre principe : une membrane souple se déforme sous l'effet de la dépression et referme progressivement le passage quand celle-ci augmente, ce qui maintient le débit à peu près stable au lieu de le faire varier avec le vent.

Hygro A ou hygro B : le tableau des différences

  Hygro A Hygro B
Bouches d'extraction Hygroréglables Hygroréglables
Entrées d'air Autoréglables, débit constant Hygroréglables, débit modulé
Air neuf en pièce inoccupée Entre au même débit Réduit tant que l'air reste sec
Déperditions par renouvellement d'air Moyennes Plus faibles
Coût du matériel Plus contenu Supérieur, surtout par les entrées d'air
Terrain de prédilection Rénovation, occupation régulière Construction neuve, occupation variable

Pourquoi le débit dépend des bouches autant que du caisson

C'est le point que les fiches produit passent sous silence, et il décide du résultat. Un caisson vendu comme hygro B n'a rien d'hygroréglable en lui-même : c'est un moteur et une turbine qui créent une dépression. Montez-le avec des entrées d'air autoréglables, et vous obtenez une installation qui se comporte comme une hygro A, sans en porter le nom. L'inverse est vrai aussi : des entrées d'air hygroréglables posées sur un réseau mal dimensionné ne rattrapent rien.

Cette dépendance a une traduction administrative directe. Les systèmes hygroréglables sont couverts par un Avis Technique délivré par le CSTB, et cet avis ne porte pas sur un caisson isolé : il porte sur une combinaison de références, caisson, bouches et entrées d'air d'une même gamme. Mélanger la turbine d'un fabricant avec les bouches d'un autre fait sortir l'installation du domaine d'emploi de l'avis. Les débits annoncés ne sont plus garantis, et ils ne peuvent plus être repris tels quels dans l'étude thermique du projet.

Concrètement, on n'achète pas un caisson puis des bouches au hasard des équipements disponibles : on achète un kit cohérent, ou l'on complète une gamme existante avec ses propres références. La VMC hygroréglable livrée avec ses bouches répond exactement à ce besoin de cohérence.

Les erreurs de pose qui annulent le gain

Un matériel performant mal installé rend moins qu'un matériel classique bien posé. Trois défauts reviennent constamment.

Le détalonnage des portes

L'air doit traverser le logement des pièces principales vers les pièces de service. Si les portes intérieures ferment sans jeu, ce transit s'interrompt et le système aspire dans le vide. Le DTU 68.3, qui encadre la mise en oeuvre des installations de ventilation, raisonne en section de passage libre ; en pratique, cela se traduit par un jeu de l'ordre de un à deux centimètres sous les portes selon la pièce. Une moquette épaisse ou un joint de bas de porte posé pour le bruit suffisent à annuler ce passage.

La bouche de cuisine sous-dimensionnée

La cuisine est la pièce qui demande la pointe de débit la plus forte. Sa bouche doit être prévue pour cet usage, avec une position de forçage manuelle ou électrique. Poser en cuisine une bouche de salle de bains est une erreur fréquente : la vapeur de cuisson stagne, la condensation se dépose sur les murs froids, et l'occupant conclut à tort que la VMC est trop faible.

Les entrées d'air obstruées

C'est le sabotage le plus courant, et il est presque toujours involontaire. Une grille jugée bruyante ou responsable d'un courant d'air froid se retrouve bouchée avec du ruban adhésif ou du carton. L'extraction continue de tourner, mais l'air neuf ne rentre plus par où il devrait : il passe par les défauts d'étanchéité du bâtiment, et le balayage prévu ne se fait plus. Quand le bruit est en cause, la réponse est une entrée d'air en version acoustique, pas un obturateur.

Ce que dit la réglementation

L'arrêté du 24 mars 1982, modifié depuis, pose le cadre du renouvellement d'air dans les logements. Il impose une ventilation générale et permanente, avec entrée de l'air dans les pièces principales et extraction dans les pièces de service, et il fixe des débits d'extraction minimaux qui croissent avec le nombre de pièces principales, assortis d'une pointe admise en cuisine.

Les systèmes hygroréglables descendent sous ces débits de base une partie du temps, et c'est précisément leur intérêt énergétique. Ils le peuvent parce que leur Avis Technique le prévoit, en contrepartie d'une modulation démontrée en laboratoire. C'est aussi ce document qui fournit les valeurs reprises dans le calcul thermique réglementaire : un projet neuf qui vise la RE2020 s'appuie sur ces chiffres, et c'est ce qui explique que le type B soit si souvent retenu en construction.

Une VMC double flux relève d'une autre logique : elle récupère une partie de la chaleur de l'air extrait au moyen d'un échangeur, mais demande un réseau de gaines double et une place que toutes les rénovations n'offrent pas.

Reconnaître le type déjà installé chez vous

La question se pose dès qu'il faut remplacer une bouche fatiguée ou une grille cassée, et la réponse ne se lit pas sur le caisson. C'est aux entrées d'air qu'il faut aller voir, c'est-à-dire aux grilles placées en traverse haute des fenêtres ou dans le coffre de volet roulant des chambres et du séjour.

Une entrée autoréglable se reconnaît à sa simplicité : un passage fixe, parfois une membrane souple visible en démontant le capot, et aucune pièce qui bouge à l'usage. Une entrée hygroréglable comporte au contraire un élément mobile, souvent un volet blanc relié à une tresse tendue, et son marquage porte une plage de débit variable du style vingt-deux à quarante-cinq mètres cubes par heure, là où une autoréglable annonce une valeur unique. Contrairement à une idée répandue, la présence de bouches d'extraction hygroréglables en salle de bains ne prouve rien : elles équipent les deux catégories.

Le marquage imprimé sur le corps de la bouche ou de la grille donne la référence exacte du fabricant, et c'est elle qu'il faut relever avant de commander une pièce détachée. Remplacer une entrée d'air par un modèle d'une autre gamme fait sortir l'installation de son domaine d'emploi, avec les conséquences déjà décrites sur le débit réel et sur l'efficacité énergétique de l'ensemble.

Ce que coûte l'installation, et ce qui fait varier la facture

Le budget se décompose en trois postes, et aucun ne dépend de la surface du logement : le caisson, les bouches d'extraction (une par pièce de service) et les entrées d'air (une par pièce principale). C'est donc le nombre de pièces qui fait le prix, ce qui explique qu'un même modèle soit vendu en kit trois bouches ou en kit plus fourni.

L'écart entre les deux catégories se concentre sur un seul de ces postes, les entrées d'air : une grille hygroréglable coûte sensiblement plus qu'une grille autoréglable, et il en faut une par pièce principale. Le caisson, lui, se retrouve souvent identique d'une version à l'autre au sein d'une même gamme.

La pose pèse ensuite selon l'état de l'existant. Remplacer un caisson sur un réseau de conduits déjà en place est une opération courte ; créer ce réseau dans des combles, percer les menuiseries pour les entrées d'air et reprendre la sortie en toiture représente l'essentiel des travaux. Sur le plan des aides, le recours à un professionnel qualifié RGE conditionne l'accès aux dispositifs de soutien, et le mécanisme des certificats d'économie d'énergie comporte une opération dédiée à la ventilation mécanique simple flux hygroréglable. Les montants et les conditions évoluent plusieurs fois par an : ils se vérifient à la date des travaux, auprès des sources officielles, et non sur une page commerciale.

Dernier conseil, trivial et rarement suivi : comparez les devis à gamme équivalente. Un écart de prix important entre deux propositions s'explique le plus souvent parce que l'une chiffre une hygro A et l'autre une hygro B, sans que la différence apparaisse clairement.

Choisir le caisson : moteur, niveau sonore et entretien

Le caisson fonctionne en continu, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, toute l'année. Sa consommation électrique n'est donc jamais anecdotique. La technologie du moteur fait ici toute la différence : un caisson basse consommation, dont le moteur fonctionne en courant continu, réclame de l'ordre de dix à vingt watts en régime courant, là où un moteur asynchrone de génération ancienne en demande plusieurs dizaines. Sur un appareil qui ne s'arrête jamais, l'écart se lit sur la facture d'énergie.

Le bruit vient rarement du moteur lui-même, mais de sa transmission. Un caisson vissé directement sur une charpente fait vibrer toute la structure ; suspendu sur des supports souples, il devient inaudible depuis les pièces de vie. Les conduits souples isolés jouent le même rôle, et ils limitent en prime la condensation lorsqu'ils traversent des combles non chauffés, où l'air humide extrait rencontre des parois froides.

L'entretien tient en peu de choses, mais il rejoint directement le point central de cette page. Dépoussiérer les bouches et les grilles une à deux fois par an suffit : la poussière réduit la section de passage, et une section réduite veut dire un débit réduit. Une installation performante négligée pendant cinq ans ne ventile plus comme son Avis Technique l'annonce. Sur le marché français, quelques fabricants se partagent l'essentiel des gammes, Atlantic et Unelvent en tête, chacun déclinant ses versions hygro A et hygro B sous des références distinctes qu'il faut prendre soin de faire correspondre.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre VMC hygro A et B ?

En hygro A, seules les bouches d'extraction sont hygroréglables et les entrées d'air restent autoréglables. En hygro B, les entrées d'air modulent également selon l'humidité de la pièce qu'elles alimentent.

Quels sont les avantages de la VMC hygro B ?

Elle limite l'entrée d'air froid dans les pièces peu occupées, ce qui réduit les déperditions liées au renouvellement d'air. Ses valeurs de débit sont mieux valorisées dans le calcul thermique d'une construction neuve.

Quels sont les inconvénients de la VMC hygro A ?

Ses entrées d'air laissent passer un débit constant, même quand la pièce est vide et l'air déjà sec. Le gain énergétique est donc moindre qu'en type B, pour une qualité d'air intérieur équivalente.

Comment fonctionne une VMC hygro B ?

Une VMC hygro B fonctionne sans électronique : une tresse sensible à la vapeur d'eau se déforme et déplace un volet, à l'entrée comme à l'extraction. Le passage module ainsi le débit d'air en fonction du taux d'humidité de la pièce, et se referme quand celui-ci retombe.

Comment choisir entre VMC hygro A et B ?

Le critère décisif est la régularité d'occupation du logement. Un habitat occupé de façon stable tire peu de bénéfice de la modulation des entrées d'air, alors qu'un logement aux chambres inégalement utilisées en profite pleinement.

VMC hygro A ou B pour une maison neuve ?

Le type B est le choix le plus courant en construction neuve, parce que ses débits sont mieux pris en compte par l'étude thermique. Le type A reste possible si le reste du projet compense sur l'isolation.

Quels sont les coûts d'installation d'une VMC hygro ?

Le matériel hygro B coûte plus cher que le hygro A, l'écart venant surtout des entrées d'air. La pose représente une part importante du budget dès qu'il faut créer un réseau de conduits dans des combles.

Quel type retenir selon le logement

Rénovation avec occupation régulière. Une hygro A suffit dans la plupart des cas, surtout si les menuiseries sont conservées et déjà équipées de grilles autoréglables compatibles. Le gain d'une hygro B y serait réel mais modeste, et il faudrait remplacer toutes les entrées d'air.

Construction neuve. Le type B s'impose presque partout, moins pour le confort ressenti que pour le calcul réglementaire, qui valorise sa régulation. C'est là que la différence de prix se rentabilise le plus vite.

Logement occupé de façon irrégulière. Résidence secondaire, chambres d'amis, maison dont plusieurs pièces restent fermées une bonne partie de l'année : le type B prend tout son sens, puisque c'est exactement la situation qu'il sait détecter.

Dans tous les cas. Le type retenu ne vaut que par la cohérence de l'ensemble. Une hygro B dont les entrées d'air ont été choisies ailleurs, ou dont les portes ferment sans jeu, rendra moins qu'une hygro A posée correctement. Avant de commander, vérifiez que les références se correspondent, que chaque pièce principale reçoit son entrée d'air et que chaque pièce de service dispose de sa bouche : c'est cette liste, plus que la lettre inscrite sur le carton, qui décide de la qualité de l'air que vous respirerez.

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