Vers le contenu
Ma boutique électrique

Passer à 22 kW de recharge : ce que votre installation doit tenir

Passer à 22 kW de recharge : ce que votre installation doit tenir

Une borne de recharge 22 kW est un point de charge triphasé délivrant 32 ampères par phase sous 400 volts. Elle triple la puissance d'une prise de 7,4 kW et réduit d'autant le temps de recharge, à deux conditions : un abonnement électrique dimensionné et un véhicule dont le chargeur embarqué est compatible.

22 kW : triphasé, 24 kVA et peu de voitures compatibles

  • Les 22 kW exigent du triphasé et une puissance souscrite d'au moins 24 kVA : votre fournisseur d'électricité facture ce changement de contrat.
  • Peu de modèles de véhicules électriques vendus en France acceptent 22 kW en recharge : la plupart plafonnent à 7,4 ou 11 kW, quelle que soit la capacité de leur batterie.
  • Prix, devis, choix d'installer une borne de 7 kW ou une borne de 22 kW : la décision se prend en comparant l'usage réel et l'installation électrique existante, pas les fiches techniques.

Ce que recouvre vraiment une puissance de charge de 22 kW

La puissance de la borne n'est pas une caractéristique du produit isolée : elle résulte du courant disponible sur le circuit dédié qui la relie au tableau électrique et à sa protection normalisée. Une borne murale de 22 kW consomme 32 ampères sur chacune des trois phases d'un réseau à 400 volts. Le calcul est direct : 400 volts multipliés par 32 ampères et par la racine de trois donnent environ 22 000 watts. Retirez une phase et la même prise ne délivre plus que 7,4 kW.

Cette dépendance au type de courant explique l'essentiel des déceptions. Un client commande une borne puissante, la fait installer, puis constate que sa voiture recharge exactement au même rythme qu'avant. Ni la borne ni l'installation ne sont en cause : le maillon le plus faible de la chaîne impose son rythme, et ce maillon est presque toujours le chargeur embarqué du véhicule électrique.

Monophasé et triphasé : la même prise, deux mondes

La prise reste la même, au format Type 2, et le câble Mode 3 se branche indifféremment. La nuance correspond au nombre de conducteurs actifs. En monophasé, un logement standard ne dépasse pas 7,4 kW sur un point de charge domestique. En triphasé, la même borne murale monte à 11 kW en 16 ampères par phase, ou à 22 kW en 32 ampères. Un électricien mesure cette capacité en quelques minutes au tableau de répartition, en comptant les conducteurs arrivant au disjoncteur d'abonné.

Courant alternatif et courant continu ne se comparent pas

Une borne de 22 kW travaille en courant alternatif : elle se contente d'ouvrir un robinet, et c'est le convertisseur logé dans l'automobile qui transforme l'énergie en courant continu pour la batterie. Les stations de recharge rapide autoroutières procèdent autrement, en envoyant directement du courant continu à 50, 150 voire 350 kW, en contournant ce convertisseur. Comparer une borne IRVE de 22 kW à une station de charge rapide n'a donc pas de sens : l'une sert la recharge quotidienne à l'arrêt, l'autre le trajet long.

Votre abonnement autorise-t-il une borne de recharge 22 kW ?

C'est la question qui tranche, et elle se pose avant toute commande. Une borne de 22 kW appelle à elle seule environ 22 kVA. Les puissances souscrites disponibles en triphasé s'échelonnent par paliers de 9, 12, 15, 18, 24, 30 et 36 kVA. Additionnez la recharge et le reste du logement, plaques de cuisson, ballon d'eau chaude, pompe à chaleur et son organe de protection, et le palier de 30 kVA devient la règle plutôt que l'exception. En monophasé, les offres domestiques s'arrêtent à 12 kVA : la question est close, il faudra passer au triphasé.

Ce passage se demande à Enedis via votre fournisseur d'électricité, EDF ou un autre service. Il suppose une intervention sur le branchement et parfois sur le tableau, et il est facturé. Chaque fournisseur applique le même barème de distribution, mais le contrat et l'offre d'énergie associée diffèrent : demander un devis à deux d'entre eux avant d'engager les travaux évite une mauvaise surprise sur le budget annuel. L'abonnement mensuel augmente ensuite, puisqu'il suit la puissance souscrite. Sur une année, ce surcoût fixe pèse davantage sur la facture que les kilowattheures eux-mêmes, ce qui rend le calcul très différent d'un foyer à l'autre.

Une solution intermédiaire existe et mérite d'être comparée aux travaux, et c'est souvent la solution de recharge la moins chère à mettre en oeuvre : la recharge intelligente. Une borne pilotable module son courant en fonction de la consommation instantanée mesurée au compteur, et s'efface quand le reste du logement appelle de la puissance. Elle évite le déclenchement du disjoncteur sans imposer de monter d'un palier d'abonnement. Couplée à une production solaire, la même électronique peut réserver la charge aux heures d'excédent : les foyers équipés en panneaux solaires en autoconsommation utilisent ce mode en priorité. Un système photovoltaïque bien dimensionné transforme alors la recharge en économie directe : l'énergie photovoltaïque produite en milieu de journée part dans la batterie du véhicule plutôt que dans le réseau, et les kilomètres d'autonomie gagnés ne coûtent rien. Des panneaux photovoltaïques ne dispensent pas pour autant de vérifier la puissance disponible au compteur : ils ne modifient pas votre contrat de fourniture.

Quels véhicules acceptent réellement 22 kW ?

Le chargeur embarqué fixe la limite, et le marché français est clair sur ce point. Une poignée de modèles accepte 22 kW en courant alternatif : la Renault Zoe et son chargeur Caméléon, la Renault Twingo E-Tech, la Smart EQ avec son option de charge rapide, les anciennes Tesla Model S équipées du double chargeur. Presque tout le reste plafonne plus bas.

  • Tesla Model 3 et Model Y, y compris en version Long Range : 11 kW en alternatif.
  • Nissan Leaf : 6,6 kW, et 3,6 kW sur les finitions d'entrée de gamme.
  • Peugeot e-208, Renault Megane E-Tech, Volkswagen ID.3 : 7,4 kW de série, 11 kW en option sur plusieurs finitions.

Autrement dit, brancher une voiture limitée à 11 kW sur une borne de 22 kW ne fait rien gagner : la charge s'établit à 11 kW et la borne attend. L'inverse n'est jamais vrai. Avant de choisir, la fiche technique du constructeur donne la réponse en une ligne, à la rubrique « puissance de charge en courant alternatif ». C'est le seul document qui fasse foi, plus fiable qu'un exemple relevé sur un forum. Un véhicule compatible 22 kW conserve d'ailleurs un avantage secondaire : sur une station de recharge ouverte au public en courant alternatif, très répandue en centre-ville, il charge en une heure là où un modèle limité à 7,4 kW immobilise la place trois fois plus longtemps.

Temps de recharge : ce que les 22 kW font gagner

Le temps de charge se calcule en divisant la capacité utile de la batterie par la puissance réellement acceptée, puis en ajoutant environ 10 % de pertes. Voici ce que cela donne pour une batterie de 50 kWh rechargée de 10 à 100 %, selon la puissance disponible au point de recharge.

Configuration Puissance utile Durée indicative
Prise renforcée3,2 kWenviron 15 heures
Borne murale monophasée7,4 kWenviron 6 h 45
Borne triphasée bridée par le véhicule11 kWenviron 4 h 30
Borne 22 kW et chargeur compatible22 kWenviron 2 h 15

Lue à domicile, cette colonne des durées change moins de choses qu'il n'y paraît. Une voiture stationnée de 19 heures à 7 heures dispose de douze heures : 7,4 kW suffisent à remplir la batterie d'une nuit d'heures creuses, et le gain des 22 kW est absorbé par le sommeil de son propriétaire. Le temps de recharge devient décisif ailleurs : sur un lieu de travail où plusieurs véhicules se succèdent sur la même place, dans une flotte d'entreprise, sur un point de recharge ouvert au public où la rotation fait la rentabilité.

Prix d'une borne 22 kW et aides mobilisables

Le prix d'une borne murale de 22 kW se situe couramment entre 700 et 1 500 euros pour le matériel seul, selon les fonctions embarquées : pilotage à distance, lecteur de badge, compteur MID pour refacturer l'énergie, protection différentielle intégrée. La pose par un installateur ajoute généralement 500 à 1 500 euros, davantage si la distance entre le tableau et l'emplacement impose un long câble ou une tranchée. Ces fourchettes bougent vite : faire établir deux ou trois devis détaillés reste la seule manière sérieuse de comparer, et un devis qui ne précise ni la section du câble ni le type de protection n'est pas comparable à un autre. Le matériel lui-même se choisit chez des fabricants d'appareillage établis, Schneider Electric, Legrand ou Hager, dont les gammes se raccordent sans adaptation au reste de l'installation électrique.

Côté aides, la situation a changé en France. La TVA réduite à 5,5 % s'applique à la fourniture et à la pose dans un logement achevé depuis plus de deux ans, à condition que l'installation soit facturée par l'entreprise qui la réalise. Le crédit d'impôt pour les systèmes de charge pilotables, lui, a été supprimé pour les dépenses payées à partir du 1er janvier 2026. Le programme Advenir, enfin, finance surtout les infrastructures de recharge en copropriété, en entreprise et sur les parkings accessibles au public, pas la borne individuelle en maison.

7 kW ou 22 kW : trancher par l'usage, pas par la fiche technique

La question ne se règle pas en comparant deux nombres. Elle se règle en décrivant une semaine type. Un comparatif de wallbox n'y répond pas : deux modèles identiques sur le papier n'apportent pas le même avantage selon le lieu où on les installe. Trois cas couvrent la majorité des besoins des particuliers.

  • Voiture qui dort chez vous chaque nuit. Une borne de 7,4 kW en monophasé couvre le besoin, coûte moins cher à l'achat comme à l'installation, et n'oblige à toucher ni au branchement ni à l'abonnement.
  • Retours ponctuels dans la journée, plusieurs conducteurs, ou deux véhicules électriques à alimenter. Le triphasé prend son sens, en 11 kW ou en 22 kW selon ce que les chargeurs acceptent.
  • Local professionnel, commerce, lieu de travail. La borne de 22 kW s'impose, souvent en version double, avec badge et compteur pour affecter la consommation à chaque utilisateur.

Un argument revient souvent et mérite d'être pesé : installer 22 kW aujourd'hui pour un véhicule futur. Il est recevable si le triphasé est déjà présent, car le surcoût du matériel reste alors modeste. Il l'est beaucoup moins s'il faut modifier le branchement, monter d'un palier d'abonnement et tirer un nouveau câble pour un usage hypothétique. Dans ce cas, poser une borne de 11 kW sur un circuit dimensionné pour 32 ampères laisse la porte ouverte sans payer tout de suite : l'équipement se remplace en une demi-journée le jour où la voiture électrique suivante justifiera le budget.

Installer une borne 22 kW : le rôle de l'électricien IRVE

Au-delà de 3,7 kW, la réglementation française impose que l'installation soit réalisée par un professionnel titulaire de la qualification IRVE. Ce n'est pas une formalité commerciale : c'est la condition d'accès aux aides, et souvent celle de la prise en charge par l'assurance en cas de sinistre. Une borne IRVE posée hors qualification expose à la fois au refus des aides et à un litige.

Le chantier suit toujours le même ordre. L'électricien relève d'abord la puissance souscrite et le type de courant au compteur, puis vérifie que le tableau peut recevoir un circuit dédié et son appareillage modulaire, que vous trouverez dans notre rayon tableau électrique et appareillage modulaire. Il dimensionne ensuite le câble selon la longueur, pose une protection différentielle adaptée à la détection de courant continu résiduel, fixe la borne murale, puis procède aux essais avec un véhicule avant de remettre l'installation. Comptez une demi-journée pour un cas simple, davantage dès qu'il faut traverser une cour ou un garage détaché.

Deux vérifications valent d'être demandées à la réception : l'attestation de qualification de l'installateur, et le relevé d'essai montrant la puissance effectivement délivrée, borne et voiture connectées. Sans ce relevé, rien ne prouve que la borne fonctionne à sa puissance maximale, et le défaut peut rester invisible pendant des mois.

Questions fréquentes sur la recharge à 22 kW

Une borne de 22 kW abîme-t-elle la batterie ?

Non à ce niveau de puissance. Le vieillissement accéléré est associé aux recharges répétées en courant continu à très forte puissance, pas à la charge en courant alternatif que gère le chargeur embarqué. Les 22 kW restent dans un régime que les constructeurs considèrent comme un usage quotidien normal.

Peut-on installer une borne 22 kW en appartement ?

Le droit à la prise permet à tout occupant de demander un point de charge sur sa place de parking, mais la puissance dépend de l'infrastructure de recharge collective mise en place par la copropriété. En pratique, les installations collectives répartissent la puissance disponible entre les places et servent rarement 22 kW à une seule d'entre elles. En location, le locataire exerce le même droit que le propriétaire occupant : il informe le bailleur par lettre recommandée, et une opposition doit reposer sur un motif sérieux. Une borne posée dans un logement en location reste toutefois un équipement fixe, qui ne suit pas le déménagement.

Le câble de mon véhicule supporte-t-il 22 kW ?

Seulement s'il est prévu pour le triphasé. Un câble Type 2 monophasé ne comporte pas les conducteurs nécessaires et bridera la recharge à 7,4 kW, même entre une borne et une automobile toutes deux capables de 22 kW. La mention figure sur l'étiquette du câble, en ampères et en nombre de phases.

Une borne 22 kW consomme-t-elle plus d'électricité ?

Non, la quantité d'énergie transférée dépend de la capacité de la batterie, pas de la puissance. Seule la durée change. Ce qui augmente la facture, c'est l'abonnement de puissance supérieure qu'exigent souvent les 22 kW, et la tentation de recharger en heures pleines plutôt qu'aux heures creuses.

↑